Le vendredi 12 décembre 2025 à 20h, le Théâtre des Sables accueille le conteur, comédien et auteur Éric Lauret avec son seul-en-scène « Atan J’esplik » — un voyage drôle et poétique au cœur du « rakontaz zistwar », entre humour, mémoire et fierté créole.
Quand le rire devient mémoire
Dans « Atan J’esplik », Éric Lauret incarne M. Y Prétan, un personnage malicieux qui fait revivre nos expressions, nos héros et ces petits « akoz » et « pokoué » qui racontent La Réunion d’hier et d’aujourd’hui. Inspiré de ses chroniques, ce spectacle mêle plaisir de rire et transmission culturelle pour mieux dire qui nous sommes.
Pour l’artiste, le rire n’est pas qu’un divertissement : c’est un outil pour éveiller la curiosité, nourrir la mémoire et retrouver un sentiment de fierté réunionnaise. Avec simplicité et humour, il redonne vie à ces histoires qu’on pensait connaître — ou qu’on n’avait jamais entendues.
Photos © Hugues Bellet – avec l’aimable autorisation de l’artiste
Réunion la 1ère — « Y prétan fo permis po fé ladi lafé ! Zot i krwa pa ? »
« Si ou koné pa, Éric Lauret va esplik à ou ! »
Interview – « Atan J’esplik », une invitation à la curiosité et à la fierté créole
« M. Y Prétan est devenu ta voix pour "espliquer" La Réunion. Qu’est-ce qui te plaît dans ce personnage ? »
Éric Lauret : Monsieur Atan J’Esplik pour moi, c’est un personnage qui permet de mettre un petit éclairage sur ce qu’il y a de bien, d’étonnant, de remarquable ici, à la Réunion. C’est un personnage qui me permet de transmettre, si ce n’est un savoir, au moins l’envie d’aller chercher ce savoir.
« C’est pas un professeur, pas un historien, c’est jus’ in dalon na toultan in nafér po dir… »
Photos © Bruno Dennemont – avec l’aimable autorisation de l’artiste
Où que tu passes, il va relever le nom d’une rue et le personnage important qui se cache derrière ; rappeler l’événement marquant qui s’est passé pas loin ; le bâtiment qui n’existe plus aujourd’hui…
C’est le gars qu’on aime bien écouter parce que c’est fait avec humour, pas en mode cours magistral, juste « ha parlfèt, ou té koné sa ou ? ». Le fait que ce personnage-là essaie de trouver le côté drôle ou étonnant de l’anecdote fait qu’on s’en amuse. J’aime l’idée qu’on retient mieux quelque chose qui nous a fait sourire.
C’est pour ça que ce personnage-là est une bonne voix pour amener un certain public vers une autre voie : celle de la curiosité. Akoz terla i apél koma ? Akoz mon lékol i port’ le non là ? Etc.
« Tes histoires touchent quelque chose de très intime chez les Réunionnais. Qu’est-ce qui t’émeut le plus ? »
Éric Lauret : Ce qui me touche le plus c’est de rappeler cette fierté qu’on ne nous a appris ni à chercher, ni à revendiquer, ni à apprécier. Notre Histoire n’est pas connue, ou très peu, parfois mal.
« Peut-être que La Réunion serait beaucoup plus importante que ce qu’on nous apprend. »
Raconter les quelques anecdotes que j’ai pu glaner ramène le public à comprendre que, peut-être, La Réunion serait beaucoup plus importante que ce qu’on nous apprend. Le rôle qu’ont joué certaines et certains personnages marquants venus de l’île ne devrait pas nous être inconnu.
Notre histoire est tellement riche d’anecdotes drôles, héroïques, tristes, insolites, et tout ça devrait nous animer, faire partie du « nou lé fier ét rénioné ». Le but du spectacle est d’inciter le public à s’intéresser davantage, à voir à quel point on a toujours fait partie de la grande Histoire. Que La Réunion n’est pas qu’un tout petit point sur le planisphère, perdu dans l’océan Indien.
« Si le public ne devait retenir qu’une chose d’Atan J’Esplik… ce serait quoi ? Et la suite ? »
Éric Lauret : Si le public ne devait retenir qu’une chose, elle est dite dans la chanson de fin (oui, je chante à la fin) : kozé, rodé, demandé, rouv’ in liv’, poz azot kestion ! En d’autres termes : la curiosité.
« La curiosité, surtout aujourd’hui, lé la clé. »
Surtout aujourd’hui avec les moyens à notre disposition, c’est hyper facile de trouver des réponses. Malheureusement c’est hyper facile aussi de trouver des mauvaises réponses, des contre-vérités, de la désinformation. Alors si on devait retenir qu’une chose oui : la curiosité.
Demain, je ne sais pas encore ce que je voudrai faire autrement, ce que je voudrais raconter d’autre. Il y a encore tellement à raconter sur cette histoire, ces histoires qu’on ne connaît pas ou peu. Byin antandu mi yinmré mét nout kozé devan, kréol là in lang, in joli lang, in lang i sort’ lwin.
Bien entendu, j’ai encore d’autres sujets de spectacles, d’autres envies de livres, etc. Mais je reviendrai
vous en parler, nou fé koma ?
Alé nartrouv’, mersi bonpé.
Foncez voir Mr Yprétan au Théâtre des Sables
Vendredi 12 décembre 2025 — 20h00
Théâtre des Sables, Étang-Salé
- Durée : 1 h
- Placement : assis numéroté



