On y était
La rédaction monticket.re était à la Salle Gramoun Lélé ce samedi
Mariaz Tangaz : on y était, et on a ri pendant deux heures — foncez !
Samedi soir, Salle Gramoun Lélé à Saint-Benoît, devant 500 spectateurs qui avaient fait le déplacement : Mariaz Tangaz, la comédie de boulevard en créole de Thierry Jardinot, Marie-Alice Sinaman et leurs dalons de toujours. Verdict : près de deux heures de rires sans temps mort, une troupe qui respire le plaisir de jouer, et une création qui fait du bien au théâtre réunionnais. On vous dit pourquoi il faut y aller — sans rien vous dévoiler, promis.
Durée
Près de 2 h, sans un creux
Pour qui
Toute la famille, en créole
Notre avis
Coup de cœur — foncez
« Nou la ri, nou la ri… nou la gingn mal nout vant ! »
On a ri, on a ri… à s'en faire mal au ventre.
Un mariage créole, et tout ce qui peut basculer
Le point de départ, la production le résume elle-même : deux jeunes amoureux décident de se marier — elle, fille d'un riche malbar ; lui, fils de la femme-à-tout-faire de la maison. Entre les deux familles que tout oppose, une cheffe traiteuse au bord de la liquidation judiciaire et son équipe de bras cassés, l'organisation du « plus beau jour de leur vie » promet d'être… mouvementée. On n'en dira pas plus : le plaisir est dans la salle.
Ce qu'on peut dire, en revanche, c'est que le thème fait mouche. Un mariage créole et ses complications d'organisation, on a tous connu ça — de près ou de loin. Et c'est bien là la force de la pièce : on se projette immédiatement, on reconnaît des situations, des phrases, des personnages. Le plus beau jour d'une vie de couple l'est-il vraiment ? Avec le recul et une bonne dose de décalage, Mariaz Tangaz nous amène à y réfléchir… le sourire aux lèvres.
« Lé bo-paran… mé lé pa zot choix ! »
Les beaux-parents… mais ce n'est pas votre choix. Tout le sel de la pièce tient dans cette phrase.
Gèt in ti bout avan d'alé — un extrait, pour se mettre dans l'ambiance. Voir aussi le teaser officiel sur Facebook →
Une troupe de joyeux lurons au sommet
L'écriture, signée Jean-Laurent Faubourg avec Marie-Alice Sinaman et Thierry Jardinot, mène le récit de main de maître. On retrouve la vision fine de Faubourg, cet art de débusquer l'absurdité de certains moments de vie et d'appuyer avec tact là où ça fait mal — et surtout là où ça fait profondément sourire. Alice et Thierry y ajoutent leur couillonisse légendaire, dans le placement des personnages comme dans une interprétation… pas si exagérée que ça. 😉
Sur scène, l'efficacité est redoutable. Erick Fleuris, fidèle au poste, joue entre sérieux, pauses en tout genre et petites phrases qui piquent à vif l'humour de la salle. Wilfrid Themyr, lui, n'a même pas besoin de parler : un regard, une mimique, et c'est la réaction immédiate des spectateurs.
À leurs côtés, des comédiens moins connus du public de l'humour, mais qui ont pourtant déjà plusieurs scènes à leur actif — et une présence plus qu'à la hauteur. Dani, alias DANI DAN, stand-uppeuse, humoriste, autrice et comédienne, qui a déjà tourné avec Titi le Comik ou encore Brice Liie, campe la maman du marié. Pierre-Armand Malet, qu'on a vu jouer et proposer « Si j'avais su » avec le Collectif Aberash, et Alexane Polgan forment le couple de jeunes mariés. Le résultat : des scènes qui font rire naturellement, sans jamais forcer. On ne s'ennuie à aucun moment des presque deux heures proposées par cette troupe de joyeux lurons.
Sur scène, en images
Photos : Léspas Culturel Leconte de Lisle
« Bann dalon la mèt lo paké ! »
Les copains ont mis le paquet.
La révélation de la soirée : David Erudel
Mention spéciale à David Erudel, qui marque les esprits par sa présence et un jeu de scène incroyable dans le rôle du commis de cuisine, adjoint du personnage de Marie-Alice. On se prend très vite d'amitié pour ce personnage qui paraît tellement vrai qu'on en oublie le comédien qui le joue. C'est sans doute le plus beau compliment qu'on puisse faire à un acteur. Bravo !
Ce talent ne sort pas de nulle part : formé au Conservatoire National d'arts dramatiques de la Région Réunion, passé par le théâtre en créole comme en français, de Koltès à Marivaux, mais aussi par la scène musicale et le cinéma — dans des films récompensés en festivals — David Erudel est un artiste réunionnais complet, au charisme et au style atypiques. Le voir briller dans ce registre populaire confirme l'étendue de son répertoire.
« Na poin pou dir : li la gingn anou. » Rien à redire : il nous a eus.
Oser le boulevard en créole : pari gagné
Il faut saluer l'audace de la démarche. Proposer une comédie de boulevard en créole, écrite et créée à La Réunion, avec une troupe complète — quand on sait ce que coûte réellement une création de cette ampleur sur notre île — c'est une prise de risque artistique rare. Pour Thierry Jardinot comme pour Marie-Alice Sinaman, passer du seul-en-scène à la troupe, c'est accepter de partager, de se réinventer. Le pari est gagné, et le théâtre populaire réunionnais en sort grandi.
Et parce qu'une création comme celle-ci ne tient pas qu'aux comédiens : un clin d'œil à Ivan Sudre et à toute l'équipe d'Hémisphère Events, qui portent la production, ainsi qu'à l'équipe technique — Jimmy Smith au son, les décors signés Komidi. Et un clin d'œil appuyé à Dominique Benvenuti, à la régie lumière : un ancien collègue de l'Office Départemental de la Culture, au tout début des années 2000, et toujours au top vingt-cinq ans plus tard. Ça fait plaisir.
« On connaissait le Jardinot du one-man show. Le voir cette année faire le pari de la troupe, entouré de ses complices de toujours et de vrais talents de théâtre, c'est une proposition originale et courageuse — une comédie de boulevard en créole, créée ici, à La Réunion. Et les 500 spectateurs de Gramoun Lélé lui ont donné raison du premier au dernier rire. »
— La Rédaction, Monticket.re
En bonus : plongez dans les coulisses de l'écriture avec Marie-Alice Sinaman, Thierry Jardinot et Jean-Laurent Faubourg — vous ne regarderez plus jamais une pièce de la même manière.
« Alé, alé ! Rod out plas avan i rès pi ! »
Allez, allez ! Prenez votre place avant qu'il n'en reste plus.
Les prochaines dates
Vous n'avez pas encore assisté à Mariaz Tangaz ? La tournée continue — et vu l'accueil du public, les places vont partir vite.
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TÉAT Plein Air, Saint-Gilles
Vendredi 9 et samedi 10 octobre — 20h00
Réserver pour Saint-Gilles → -
Théâtre Luc Donat, Le Tampon
Jeudi 22, vendredi 23 et samedi 24 octobre — 20h00
Réserver pour Le Tampon (octobre) → -
Théâtre Luc Donat, Le Tampon
Jeudi 10, vendredi 11 et samedi 12 décembre
Réserver pour Le Tampon (décembre) →



