À La Réunion, il y avait Piaf… et il y avait Madoré. Chanteur de rue, poète moukatér, artiste bohème, Henri Madoré fait vibrer les souvenirs réunionnais. Dans « Il était une fois Madoré », Nicole Dambreville redonne vie à ce personnage haut en couleur, accompagnée d’un quatuor musical de choc. Un spectacle total, théâtral, musical et profondément créole.
« Moin même Ti Doré / Moin la pas vantard / Mi aime bien chanter / Avec mon guitare… »
Entre théâtre, conte et improvisation, ce spectacle d’1h15 met à l’honneur le répertoire d’Henri Madoré, mais aussi sa vie dans la rue, devant les « boutik », dans les bals lontan, dans la bohème réunionnaise.
Portée par la voix vibrante de Nicole Dambreville, et entourée des musiciens Stéphane Gerville, les frères Lallemand (Frédéric & Jean Max) et Étienne Zoogonès, la mise en scène signée Pascal Pongérard invite à une plongée dans l’univers aussi drôle qu’émouvant d’un artiste péi au verbe haut et à l’âme sensible.
Sonorisé par Jimmy Smith, éclairé par Dominique Benvenutti, ce spectacle est un hommage vivant à celui que La Réunion appelait aussi Ti Doré.
Nicole Dambreville sur scène – « Il était une fois Madoré » — © Sophie Person / Réunion La 1ère.
Qui était Henri Madoré ?
Le savais-tu ?
- De son vrai nom Henri Madouré, il est né le 11 avril 1928 à Saint-Denis de La Réunion et décédé le 31 décembre 1988.
- Connu sous le nom de scène Ti-Doré, il incarne l’esprit même du chanteur de rue réunionnais, entre gouaille, provocation, improvisation et amour profond pour la culture créole.
- Il commence sa carrière de chanteur de rue en 1948, en sillonnant l'île avec sa guitare, et devient une figure populaire notamment à Saint-Pierre.
- Le 15 mars 1955, il enregistre son premier disque avec les titres Marmaille la bit’ et La mandoze.
- Artiste marginal, il refusait les circuits officiels, préférant chanter aux terrasses des cafés contre quelques verres de rhum.
- Son style – tendre, insolent et moqueur – influencera de nombreux artistes réunionnais, notamment Michel Admette.
« Ce spectacle n'est pas un concert… c’est une traversée d’émotions à travers les chansons de toute une vie. »
3 questions à Nicole Dambreville sur "Il était une fois Madoré..."
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De Piaf à Madoré, ce sont deux mondes… et pourtant, ils se ressemblent ?
Il est clair que passer de Piaf à Madoré n'est pas un exercice facile. Deux univers totalement différents, deux histoires différentes et pourtant quelques points en commun. Tous deux chanteurs de rue, même si l'une à terminer sur les plus grandes scènes du monde, tous deux des destins marqués par la vie qui n'a pas toujours été très tendre avec eux, et tous deux cette farouche volonté de dire, de chanter, d'aimer la vie et de la partager avec le plus grand nombre. -
Quel aspect de Madoré t’a le plus touchée dans cette création ?
Pour moi, il est important que cet artiste ne tombe pas dans l'oubli. Madoré a subi la double peine. Tous le pensaient mort, alors qu'il ne l'était pas. Je pense qu'il n'y a pas pire pour un artiste: tomber dans l'oubli total. Il faut raconter Madoré comme il était, avec ses tics, son franc parlé, sa joie de vivre, sa gouaille, sa folie. Le but n'est pas de lisser le personnage, mais d'être vrai. De mettre aussi dans sa musique, tous ceux qui l'inspiraient, tout ce qui le faisait vibrer : Trenet, Tohama, Bourvil, etc… La musique de Madoré nous a ouvert tous les champs des possibles, et nous nous sommes fait un plaisir de la faire évoluer comme si elle avait traversé les années. -
Tu conseilles quelle chanson pour découvrir Madoré ?
Madoré chante la vie, chante la Réunion, chante ce qu'il voit, ce qu'il entend. Sans hésiter je dirai “Ti Doré dans l'île” . Néanmoins, je suis très attachée à “Zenfant batar” et “Pas besoin croire moin lé mort” . Ce spectacle n'est pas un concert, ce n'est pas non plus un documentaire, mais un spectacle musical qui retrace une vie à travers ses chansons, le tout semé d'humour et de bonne humeur. C'est un spectacle qui se veut interactif, et c'est en ça qu'il est différent à chaque fois. C'est 1h15, 1h30 de déconnexion, tout en découvrant, ou redécouvrant, le répertoire du dernier chanteur de rue de la Réunion.
Deux représentations à ne pas manquer
Si vous ne voulez pas manquer ce nouveau spectacle de Nicole Dambreville et de ses dalons, qui vous conteront musicalement la vie de Henri Madoré, foncez prendre vos billets maintenant...
- Jeudi 31 octobre à 19h30 – Auditorium Pierre Roselli – Musée Stella Matutina, Saint-Leu
- Samedi 8 novembre à 20h00 – Le Lanbrokin, L’Entre-Deux
🎥 Extrait du spectacle — captation : C'Saint-Jo TV






