On célèbre souvent ceux qui viennent d’ailleurs — et c’est bien. Mais cette semaine m’a rappelé une évidence : nos artistes péi brillent au plus haut niveau. Mercredi, DOMOUN de Sergio Grondin m’a remué en profondeur ; vendredi, Nicole Dambreville a sublimé le répertoire d’Édith Piaf — et sans flatterie de ma part, le public, conquis, ne me contredira pas.
La Réunion a des artistes qui méritent la Une. Et si Saint-Joseph est le papa du Bon Dieu, le talent de ces deux artistes saint-joséphois nous le confirme.
Sans doute une part du Divin, mais surtout l’aboutissement d’années de pratique pour deux artistes passionnés, aujourd’hui au sommet de leur art !
DOMOUN — Sergio Grondin
Je m’y suis rendu presque par hasard (même si je ne crois plus au hasard) pour découvrir le récit théâtral DOMOUN de Sergio Grondin, ce mercredi 1er octobre au Théâtre Vladimir Canter, au cœur du campus universitaire de Sainte-Clotilde. Le thème — le scandale d’État de l’exil forcé de 2 500 marmailles réunionnais vers la Creuse — m’intriguait. Je m’attendais à un moment intense ; je n’imaginais pas être saisi dès les cinq premières minutes.
Le talent de conteur et de comédien de Sergio Grondin nous embarque très vite et nous plonge dans un bain d’émotions. L’intensité tient aussi à un vrai travail de mémoire, nourri d’une histoire familiale de l’artiste. Face à la gravité de l’histoire, l’artiste parvient avec une grande justesse à retranscrire une réalité bouleversante des années 1960–1970.
Pendant 1 h 30, la voix et la musique de Claire Nativel, discrètes et précieuses, amplifient la portée du récit avec grâce.
Un seul conseil : ce récit théâtral est à voir et à revoir. Marmay ! si zot néna la famille en Hexagone, partage vite ou fonce achète billets pour zot. Ce moment de théâtre est à vivre au moins une fois, pour tout Réunionnais — et, plus largement, pour chacun.
Nicole Dambreville chante Piaf
Contrairement à Sergio Grondin, j’avais déjà vu Nicole Dambreville sur scène — et pourtant, la surprise est tout aussi grande. Bien installé dans le fauteuil de Léspas Leconte de Lisle, la vague d’émotion est cette fois musicale. La diva péi nous projette dès le début dans le monde parisien d’Édith Piaf. Dès les premières notes, on est conquis par la voix majestueuse et généreuse de Nicole Dambreville. On pouvait s’attendre à une grande performance vocale ; l’artiste va au-delà et habite le personnage avec une vérité bluffante. Chanteuse, mais aussi comédienne de grand talent.
Accompagnée de trois musiciens — Mercedes Mingam, Frédéric Lallemand et Étienne Zoogones — la fine équipe artistique nous embarque pendant plus d’1 h 30. Des moments suspendus avec « La Foule », « La Vie en rose », « Non, je ne regrette rien », « Milord », ou encore « Padam… padam… ». L’acoustique de Léspas Leconte de Lisle rend l’instant encore plus immersif et percutant — et on en redemande.
Pour Nicole Dambreville chante Piaf, c’est terminé (tant pis pour les retardataires 😉). Mais vous pouvez vous rattraper : prenez vite vos billets pour son nouveau spectacle musical, Il était une fois Madoré.
« Non, je ne regrette rien » — extrait
« Milord » — extrait
Projets & prochaines dates
DOMOUN — Tournée (région parisienne & Bretagne)
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L’Avant-Seine / Théâtre de Colombes -
Espace Saâd-Abssi, Gennevilliers -
Théâtre Le Strapontin, Pont-Scorff -
Théâtre Dunois, Paris -
Théâtre André-Malraux, Chevilly-Larue



